Introduction : comprendre l’exception mahoraise

Pourquoi Mayotte est-elle restée française alors que les autres îles de l’archipel des Comores ont choisi l’indépendance en 1975 ? Cette question, régulièrement posée dans le débat public international, est souvent traitée de manière simpliste, comme si le maintien de Mayotte dans la République française n’était qu’une anomalie coloniale. Pourtant, l’histoire de l’île raconte une réalité beaucoup plus profonde, plus complexe et surtout plus ancienne.

Mayotte n’est pas devenue française au même moment ni dans les mêmes conditions que les autres îles de l’archipel. Elle possède une trajectoire historique distincte, forgée par des siècles de conflits régionaux, de rivalités entre sultanats, de razzias, de violences politiques et d’instabilité chronique dans le canal du Mozambique. Lorsque le sultan Andriantsoly signe le traité du 25 avril 1841 avec la France, il ne s’agit pas d’une annexion militaire, mais d’un choix politique assumé dans un contexte de menaces permanentes.

L’attachement de Mayotte à la France ne peut donc être compris sans évoquer la mémoire collective mahoraise : celle des invasions, des humiliations, des famines, des violences politiques et du sentiment d’abandon vécu pendant la période d’autonomie interne des Comores entre les années 1960 et 1974.

Cet article revient sur les raisons historiques, politiques, culturelles et géopolitiques qui expliquent pourquoi les Mahorais ont massivement choisi de rester français. Il s’appuie sur des faits historiques, des traités, des référendums, des archives et des événements documentés.


Mayotte avant la France : une île marquée par les guerres et les razzias

Avant l’arrivée de la France, l’archipel des Comores n’était pas un ensemble politique unifié. Contrairement à certaines lectures contemporaines, il n’existait pas d’État comorien unitaire avant la colonisation française.

Les quatre îles — Mayotte, Grande Comore, Anjouan et Mohéli — étaient organisées autour de sultanats rivaux, souvent en guerre les uns contre les autres. Les alliances étaient mouvantes, les conflits fréquents et les populations régulièrement victimes de razzias.

Mayotte occupait une position stratégique dans le canal du Mozambique. Cette situation géographique en faisait une cible privilégiée. L’île subissait des incursions venues d’Anjouan, de Madagascar ou encore des réseaux esclavagistes opérant dans l’océan Indien.

Les chroniques historiques rapportent plusieurs épisodes de violences, de pillages et d’enlèvements d’habitants. Ces traumatismes ont profondément marqué la mémoire collective mahoraise.

Les sultans batailleurs de la région cherchaient régulièrement à étendre leur influence sur Mayotte. Cependant, contrairement à certains récits politiques contemporains, la suzeraineté d’Anjouan sur Mayotte n’a jamais constitué une domination durable et incontestable.

Les historiens évoquent essentiellement une période très brève de domination anjouanaise autour de 1835-1836. Cette autorité était fragile, contestée et temporaire.

L’idée selon laquelle Mayotte aurait toujours été naturellement rattachée aux autres îles relève donc davantage d’une reconstruction politique moderne que d’une réalité historique continue.


Le fatidra : un pacte fondateur dans l’histoire mahoraise

L’un des épisodes les plus symboliques de l’histoire de Mayotte est le fatidra conclu entre Mawana Madi et Andriantsoly.

Le fatidra, dans la tradition malgache et swahilie de la région, est un pacte de sang sacré engageant les parties dans une alliance politique et morale profonde.

Ce pacte représente bien plus qu’un simple accord diplomatique. Dans la mémoire historique mahoraise, il symbolise une volonté de protection mutuelle et de stabilité face aux menaces extérieures.

Andriantsoly, dernier sultan de Mayotte, comprend alors que l’île ne peut survivre seule dans un environnement régional dominé par les guerres, les rivalités et les ambitions des autres sultanats.

Le recours à une puissance extérieure apparaît alors comme une nécessité stratégique.

Cette réalité est fondamentale : la relation entre Mayotte et la France ne naît pas d’une conquête militaire brutale, mais d’une démarche politique initiée par les autorités mahoraises elles-mêmes.


Andriantsoly et le traité de 1841 : un choix politique assumé

Le 25 avril 1841, le sultan Andriantsoly signe avec le commandant Pierre Passot un traité cédant Mayotte à la France.

Ce traité est ratifié officiellement par le roi Louis-Philippe en 1843.

Le texte du traité est explicite :

« Le sultan Andriansouli cède à la France en toute propriété l’île de Mayotte qu’il possède par droit de conquête et par convention. »

Cette formulation est essentielle.

Elle montre qu’Andriantsoly se considère lui-même comme souverain légitime de Mayotte.

Contrairement à certaines affirmations politiques contemporaines, Andriantsoly n’a jamais officiellement renoncé au trône de Mayotte au profit d’Anjouan ou d’un quelconque pouvoir comorien.

Au contraire, le traité de 1841 reconnaît son autorité politique.

En échange de la cession, la France garantit une rente au sultan et prend l’engagement d’assurer la protection de l’île.

Mayotte devient officiellement française en 1843.

Ce point est capital : Mayotte devient française plusieurs décennies avant les autres îles de l’archipel.

La Grande Comore passe sous protectorat français en 1886.
Anjouan en 1886-1887.
Mohéli en 1887 puis 1892.

Autrement dit, lorsque les autres sultanats acceptent progressivement le protectorat français à la fin du XIXe siècle, Mayotte est déjà française depuis plus de quarante ans.

Cette différence historique majeure est souvent minimisée dans les débats contemporains.


Les autres sultans des Comores ont eux aussi demandé la protection française

Un autre élément souvent oublié concerne l’attitude des autres sultans comoriens face à la France.

À partir des années 1880, les autorités de Grande Comore, d’Anjouan et de Mohéli sollicitent elles aussi la protection française.

Plusieurs correspondances diplomatiques et accords de protectorat montrent que ces sultans cherchaient à préserver leur pouvoir face aux rivalités internes et aux menaces régionales.

La France devient progressivement l’arbitre politique de l’archipel.

Cela signifie qu’il est historiquement inexact de présenter Mayotte comme la seule île « colonisée » contre son gré.

Les autres îles ont également accepté l’autorité française dans un contexte géopolitique précis.

La différence fondamentale est que Mayotte avait déjà développé une relation politique et administrative beaucoup plus ancienne avec la France.


Dzaoudzi : le véritable centre administratif historique des Comores françaises

Entre 1912 et 1946, l’archipel est administrativement rattaché à Madagascar sous l’appellation « Madagascar et dépendances ».

Puis, à partir de 1946, les Comores deviennent un territoire d’outre-mer distinct.

Le chef-lieu est alors installé à Dzaoudzi, à Mayotte.

Ce choix n’est pas anodin.

Pendant des décennies, Mayotte constitue le centre administratif réel des Comores françaises.

La résidence des gouverneurs est installée à Dzaoudzi.
Les principaux services administratifs y sont concentrés.
Les fonctionnaires y travaillent.
Les infrastructures étatiques s’y développent.

Cette réalité historique démontre encore une fois que Mayotte occupait une place centrale dans l’organisation politique française de l’archipel.

Le regroupement administratif des quatre îles répondait principalement à une logique de facilité de gestion coloniale.

Il ne signifiait pas l’existence préalable d’une nation comorienne unifiée.

L’identité politique « comorienne » contemporaine est largement le produit de la période coloniale tardive et de l’autonomie interne.


L’autonomie interne : une expérience qui fracture définitivement l’archipel

Dans les années 1960, la France engage progressivement les Comores vers l’autonomie interne.

Cette période est souvent présentée comme une étape naturelle vers l’indépendance.

Pour de nombreux Mahorais, elle est au contraire vécue comme le début d’une marginalisation politique.

Le transfert progressif des institutions vers Moroni alimente un profond ressentiment à Mayotte.

Les élites politiques de Grande Comore prennent progressivement le contrôle des centres de décision.

Les Mahorais dénoncent alors une domination politique et administrative.

À l’Assemblée territoriale des Comores, les représentants mahorais se retrouvent minoritaires.

Les décisions importantes sont de plus en plus prises depuis Moroni.

Le déplacement progressif des administrations et des services publics vers la Grande Comore est vécu comme une dépossession.

Pour beaucoup de Mahorais, l’autonomie interne devient synonyme d’humiliation politique.


Les humiliations, les violences et la mémoire des Mahorais

La mémoire collective mahoraise garde le souvenir d’une période extrêmement tendue à la fin des années 1960 et au début des années 1970.

De nombreux témoignages évoquent des discriminations, des violences politiques et des humiliations visant les Mahorais favorables au maintien dans la République française.

Les tensions économiques aggravent encore la situation.

Des accusations de blocus économique circulent alors, notamment concernant les difficultés d’approvisionnement alimentaire de Mayotte.

Dans la mémoire populaire mahoraise, cette période reste associée à la famine et à la consommation du « silgom », terme désignant les jeunes pousses de fruit à pain non mûres utilisées comme aliment de survie.

Des récits de violences contre des femmes mahoraises circulent également dans les témoignages militants et mémoriels.

Ces souvenirs, transmis de génération en génération, expliquent en grande partie la méfiance persistante d’une partie importante de la population mahoraise vis-à-vis des discours réclamant aujourd’hui un rattachement aux Comores.

Même si tous les faits de cette période restent parfois difficiles à documenter précisément dans les archives officielles, leur place dans la mémoire collective mahoraise est considérable.


Les Chatouilleuses : les femmes qui ont changé l’histoire de Mayotte

Le combat pour le maintien de Mayotte dans la France ne peut être compris sans évoquer les « Chatouilleuses », appelées aussi les « Sorodas » dans la mémoire populaire.

Ce mouvement féminin apparaît dans les années 1960 et 1970.

Ces femmes s’opposent frontalement aux dirigeants indépendantistes comoriens.

Elles organisent des manifestations, des actions de désobéissance et des mobilisations populaires.

Leur surnom vient de leur méthode militante consistant à chatouiller publiquement certains responsables politiques pour les ridiculiser et les pousser à quitter les lieux.

Derrière l’aspect parfois folklorique du récit, le combat des Chatouilleuses est profondément politique.

Ces femmes considèrent que l’avenir de Mayotte serait menacé dans un État dominé par les autres îles.

Elles dénoncent les violences, les humiliations et le mépris dont les Mahorais seraient victimes.

Le slogan « Non Karivendzé » ou «rester Français pour être libres» deviennent des symboles de cette résistance.

Pour les militantes mahoraises, rester françaises signifie protéger leurs droits, leur sécurité et leur avenir.

Le rôle des femmes dans cette mobilisation constitue une singularité historique majeure.

Peu de mouvements politiques de décolonisation dans le monde ont été aussi fortement portés par des femmes.


Le référendum de 1974 : un choix démocratique massif

Le 22 décembre 1974, la France organise un référendum sur l’indépendance des Comores.

Le résultat est clair :

  • Grande Comore vote massivement pour l’indépendance ;
  • Anjouan vote pour l’indépendance ;
  • Mohéli vote pour l’indépendance ;
  • Mayotte vote contre.

À Mayotte, environ 63,8 % des électeurs choisissent le maintien dans la France.

En 1976, un nouveau référendum confirme ce choix avec plus de 99 % des suffrages en faveur du maintien dans la République française.

Ces résultats traduisent une volonté populaire extrêmement forte.

Les autorités comoriennes contestent cependant le principe d’un vote île par île.

Selon elles, le résultat devait être interprété globalement à l’échelle de l’archipel.

Mais cette position soulève une contradiction majeure.

Reconnaître l’existence d’un peuple unique comorien avant 1975 reviendrait à nier la diversité historique, politique et institutionnelle des différentes îles.

De plus, l’État comorien lui-même a été reconnu internationalement avec des frontières héritées de l’administration coloniale française.

La question de Mayotte reste donc au cœur d’un conflit entre deux principes du droit international :

  • l’intégrité territoriale ;
  • le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La France considère que les Mahorais ont exercé démocratiquement leur droit à l’autodétermination.


L’ONU et la question de Mayotte : un débat juridique complexe

Dans les années 1970, plusieurs résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies condamnent le maintien de Mayotte dans la France.

Cependant, ces résolutions n’ont pas de valeur juridiquement contraignante.

Elles relèvent principalement de positions politiques liées au contexte de décolonisation.

La France maintient sa position : le choix des Mahorais doit être respecté.

Après l’indépendance des Comores en 1975, l’archipel connaît rapidement une forte instabilité politique.

Coups d’État, interventions de mercenaires et crises institutionnelles se succèdent.

Le célèbre mercenaire Bob Denard intervient à plusieurs reprises dans la vie politique comorienne.

Cette instabilité renforce chez beaucoup de Mahorais la conviction d’avoir fait le bon choix en restant français.


Pourquoi les Mahorais veulent rester français

L’attachement des Mahorais à la France repose sur plusieurs dimensions.

1. Une relation historique ancienne

Mayotte est française depuis 1843.

Cette ancienneté distingue profondément l’île des autres territoires de l’archipel.

2. Une mémoire des violences régionales

Les razzias, les guerres entre sultanats et les tensions politiques des années 1960-1970 ont laissé des traces profondes.

3. Le refus d’une domination politique extérieure

Beaucoup de Mahorais estiment avoir été marginalisés au profit de Moroni durant l’autonomie interne.

4. Le choix démocratique répété

Les consultations populaires de 1974, 1976, 2000 et 2009 ont confirmé à plusieurs reprises le souhait de rester français.

En 2009, plus de 95 % des électeurs approuvent la départementalisation.

Mayotte devient officiellement le 101e département français en 2011.

5. La recherche de stabilité

La France représente pour beaucoup de Mahorais un cadre institutionnel stable dans une région marquée par l’instabilité politique.


Mayotte aujourd’hui : entre fierté française et défis contemporains

Aujourd’hui, Mayotte fait face à des défis considérables.

L’immigration clandestine massive en provenance des autres îles comoriennes provoque de fortes tensions sociales.

Les Mahorais ont parfois le sentiment que leur choix historique est contesté en permanence.

Paradoxalement, des milliers de Comoriens risquent chaque année leur vie dans des kwassa-kwassa pour rejoindre Mayotte.

Ce phénomène illustre l’écart économique et institutionnel considérable entre Mayotte et les autres îles de l’archipel.

Pour beaucoup de Mahorais, cette réalité confirme leur attachement à la République française.


Conclusion : Mayotte, une fidélité forgée par l’histoire

Mayotte n’est pas restée française par accident.

Le choix des Mahorais s’inscrit dans une longue histoire marquée par les conflits régionaux, la recherche de protection, la relation ancienne avec la France et la volonté constante de préserver une identité politique spécifique.

Réduire la question de Mayotte à une simple survivance coloniale revient à ignorer deux siècles d’histoire.

Le maintien de Mayotte dans la République française résulte d’un enchaînement de décisions politiques, de traités, de référendums et de mobilisations populaires.

Il résulte surtout d’une volonté démocratique constamment réaffirmée par les Mahorais eux-mêmes.

Comprendre Mayotte exige donc d’écouter la mémoire de son peuple.

Une mémoire marquée par les razzias, les rivalités entre sultanats, les humiliations politiques, le combat des Chatouilleuses et le choix assumé de la France.

C’est cette histoire, souvent méconnue ou volontairement simplifiée, qui explique pourquoi Mayotte est restée française — et pourquoi une immense majorité de Mahorais souhaite encore aujourd’hui le rester.


Sources historiques et références

  • Traité de cession de Mayotte du 25 avril 1841.
  • Archives diplomatiques françaises relatives aux protectorats des Comores.
  • Conseil départemental de Mayotte, historique institutionnel.
  • Gérard-François Dumont, « Mayotte, une exception géopolitique mondiale ».
  • Digithèque juridique et politique de l’Université de Perpignan.
  • Archives coloniales françaises sur les Comores et Madagascar.
  • Référendums de 1974, 1976, 2000 et 2009.

Blog

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  • 日本語版 — なぜマヨットはフランス領であり続けたのか

    序論:マヨットという特異な存在を理解する なぜマヨットはフランス領に留まり、コモロ諸島の他の島々は1975年に独立を選んだのか。この問いは国際社会でたびたび議論されてきた。しかし、その説明はしばしば単純化され、まるでマヨットがフランス共和国に残ったことが単なる植民地主義の残滓であるかのように語られてきた。だが実際には、マヨットの歴史ははるかに深く、複雑で、そして古い。 マヨットは他の島々と同じ時期、同じ条件でフランス領になったわけではない。この島は、何世紀にもわたる地域紛争、スルタン国同士の対立、襲撃、政治的暴力、そしてモザンビーク海峡における慢性的な不安定性によって形成された独自の歴史的軌跡を持っている。1841年4月25日、スルタン・アンドリアンツォリがフランスと条約を結んだ時、それは軍事征服の結果ではなく、絶え間ない脅威の中で行われた意図的な政治的選択であった。 マヨット住民がフランスに強い愛着を抱く理由は、彼らの集団的記憶を抜きにしては理解できない。侵略、屈辱、飢餓、政治的暴力、そして1960年代から1974年にかけてのコモロ内部自治時代に経験した見捨てられた感覚が、その背景にある。 本稿では、マヨット住民が圧倒的多数でフランスに留まることを選択した歴史的、政治的、文化的、地政学的理由を検証する。歴史的事実、条約、住民投票、公文書、そして記録された出来事に基づいて論じる。 フランス以前のマヨット:戦争と襲撃に翻弄された島 フランス到来以前、コモロ諸島は統一された政治体ではなかった。現代の一部の政治的言説とは異なり、フランス植民地化以前に統一されたコモロ国家は存在していなかった。 マヨット、グランドコモロ、アンジュアン、モヘリの4島は、それぞれ対立するスルタン国によって統治され、しばしば互いに戦争を繰り返していた。同盟関係は流動的であり、紛争は頻発し、住民たちは襲撃の被害を受け続けていた。 マヨットはモザンビーク海峡の戦略的要衝に位置していた。この地理的位置により、島は格好の標的となった。アンジュアン、マダガスカル、さらにはインド洋で活動していた奴隷貿易ネットワークからの襲撃を受けていた。 歴史資料には、暴力、略奪、住民拉致の記録が数多く残されている。これらの経験は、マヨット住民の集団記憶に深く刻み込まれた。 地域の好戦的なスルタンたちは、繰り返しマヨットへの支配拡大を試みた。しかし現代の一部政治的主張とは異なり、アンジュアンによるマヨット支配は長期的かつ絶対的なものではなかった。 歴史家たちが言及するのは、1835年から1836年頃のごく短期間の支配に過ぎない。この支配は脆弱であり、 contestedされ、一時的なものであった。 したがって、「マヨットは本来コモロ諸島の一部だった」という考えは、歴史的連続性よりも現代政治による再構築に近い。 ファティドラ:マヨット史における建国的盟約…

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